anxiété en automne

L’arrivée de l’automne ne se résume pas à une baisse des températures. Les journées raccourcissent, la luminosité diminue, le rythme de vie change et la fatigue peut progressivement se faire sentir. Si certaines personnes apprécient particulièrement cette période, d’autres remarquent au contraire une augmentation de leur anxiété.

Cela peut se manifester de différentes manières : davantage de ruminations, une sensation de tension, des difficultés à se détendre, un sommeil moins réparateur ou encore l’impression d’être plus sensible au stress.

Pour autant, l’automne provoque-t-il réellement de l’anxiété ? Pas nécessairement. Le changement de saison peut plutôt agir comme un contexte qui fragilise temporairement notre équilibre et rend plus visibles des difficultés anxieuses déjà présentes.

Le changement de saison peut modifier notre équilibre

Notre organisme ne fonctionne pas indépendamment de son environnement. La lumière naturelle joue notamment un rôle important dans la régulation de notre rythme veille-sommeil. Lorsque les journées raccourcissent, nos habitudes et notre niveau d’énergie peuvent donc progressivement évoluer.

À cela s’ajoute le changement de rythme qui accompagne souvent cette période. Après l’été, septembre marque la reprise du travail ou des études, le retour des horaires plus réguliers et parfois l’accumulation de nouvelles contraintes. Individuellement, chacun de ces changements peut sembler anodin. Mais leur accumulation peut réduire notre capacité à faire face au stress quotidien.

Une personne peut, par exemple, constater qu’elle supporte moins bien les imprévus, qu’elle se sent plus facilement dépassée ou qu’elle a davantage de difficultés à prendre du recul face à une inquiétude. Ce n’est pas nécessairement le signe qu’un trouble anxieux apparaît soudainement, cela peut simplement indiquer que les ressources habituellement utilisées pour réguler le stress sont momentanément moins disponibles.

Fatigue, sommeil et ruminations : quand l’anxiété devient plus présente

L’anxiété n’apparaît pas toujours sous la forme d’une crise d’angoisse. Elle peut être beaucoup plus discrète. Une personne peut continuer à travailler, voir ses proches et assurer son quotidien tout en ayant constamment l’esprit occupé.

  • « Est-ce que j’ai pris la bonne décision ? »
  • « Pourquoi ai-je dit ça ? »
  • « Et si quelque chose se passait mal ? »
  • « Il faut absolument que je règle ça demain. »

Lorsque la fatigue augmente ou que le sommeil devient moins réparateur, il peut devenir plus difficile de prendre de la distance avec ces pensées. Une inquiétude qui aurait été rapidement mise de côté peut alors occuper une soirée entière.

C’est ainsi que peut s’installer un cercle anxieux : plus je suis fatigué, plus mes pensées deviennent envahissantes ; plus je rumine, plus j’ai du mal à me détendre et à dormir ; moins je récupère, plus je deviens vulnérable au stress le lendemain. 

Chez certaines personnes, l’arrivée de l’automne ne crée donc pas les ruminations, mais peut contribuer à les rendre plus fréquentes ou plus difficiles à réguler.

L’automne peut-il révéler une anxiété déjà présente ?

Lorsqu’une personne remarque une augmentation de son anxiété à l’automne, il est intéressant de ne pas attribuer automatiquement son état au changement de saison, prenons un exemple: 

Une personne se sent relativement bien pendant l’été. Son rythme est plus souple, elle sort davantage et pense moins au travail. À la rentrée, les responsabilités reprennent. Quelques semaines plus tard, elle remarque qu’elle vérifie davantage son agenda, anticipe constamment les journées suivantes et repense le soir aux situations vécues dans la journée. Elle pourrait conclure : « L’automne me rend anxieuse. »

Pourtant, en regardant plus précisément ce qui se passe, on peut parfois retrouver des mécanismes déjà présents auparavant : un besoin important de contrôle, une difficulté à tolérer l’incertitude, une tendance à anticiper les problèmes ou à analyser longuement certaines situations.

Le changement de saison n’est alors pas nécessairement la cause de l’anxiété. Il peut agir comme un révélateur ou un facteur d’amplification d’un fonctionnement anxieux déjà présent. Cette distinction est importante, car elle permet de ne pas uniquement attendre que la saison passe, mais de s’interroger sur ce qui entretient réellement l’anxiété.

Quand l’anxiété mérite-t-elle davantage d’attention ?

Une augmentation ponctuelle du stress ou de la fatigue lors d’un changement de rythme n’est pas nécessairement préoccupante. En revanche, certains signes peuvent indiquer que l’anxiété prend progressivement trop de place : des ruminations difficiles à interrompre, une anticipation presque constante, des tensions physiques, des troubles du sommeil, une irritabilité importante, des crises d’angoisse ou encore l’évitement de certaines situations par peur de se sentir mal.

L’un des repères les plus importants reste le retentissement sur le quotidien. Est-ce que l’anxiété vous empêche de dormir correctement ? De vous concentrer ? De profiter d’un moment agréable sans anticiper la suite ? Vous pousse-t-elle à éviter certaines situations ou à rechercher constamment du réconfort et des certitudes ?

Lorsque l’anxiété devient persistante et commence à limiter le quotidien, il peut être utile d’en comprendre les mécanismes plutôt que de chercher uniquement à faire disparaître les symptômes.

Je suis Gracy Ruiz, psychologue clinicienne à Toulouse, j’accompagne les adolescents et les adultes rencontrant des difficultés liées aux troubles anxieux, aux ruminations et aux crises d’angoisse.

Si vous vous interrogez depuis quelque temps sur la nécessité de consulter, vous pouvez prendre rendez-vous pour une première consultation via Doctolib ou me contacter pour toute information complémentaire.

psychologue anxiété Toulouse