crise d'angoisse sans raison

« Je ne comprends pas. Tout va bien dans ma vie, alors pourquoi est-ce que je fais des crises d’angoisse ? »

C’est une question qui revient souvent en consultation. La crise semble parfois surgir sans prévenir : dans les transports, au travail, au restaurant, au moment de s’endormir… Parfois même pendant une période où, objectivement, rien de particulièrement difficile ne semble se passer.

Le cœur s’accélère, la respiration devient difficile, une sensation d’oppression apparaît. Certaines personnes ont peur de s’évanouir, de perdre le contrôle ou qu’il leur arrive quelque chose de grave. Et une fois la crise passée, une question reste : « Mais pourquoi ? »

L’absence de cause évidente ne signifie pourtant pas qu’il n’y a rien à comprendre.

Une crise d’angoisse n’arrive pas toujours au moment où quelque chose va mal

Nous imaginons souvent l’anxiété de manière très logique : un événement difficile se produit, nous sommes stressés, puis nous ressentons de l’angoisse. Dans la réalité, le fonctionnement psychique est rarement aussi linéaire.

Une période de tension prolongée, des préoccupations mises de côté, un changement important, une fatigue importante ou une accumulation de petites tensions peuvent être présents depuis quelque temps sans être vécus consciemment comme « graves ».

Certaines personnes continuent d’ailleurs à fonctionner parfaitement : elles travaillent, sortent, voient leurs proches, gèrent leur quotidien. Elles ont parfois même l’impression d’aller bien et pourtant, leur corps commence à signaler quelque chose.

La crise d’angoisse peut alors donner l’impression d’être apparue « de nulle part », simplement parce que le lien entre ce qui est vécu et ce qui est ressenti n’est pas encore évident.

« Pourtant, je n’étais même pas stressé(e) »

C’est précisément ce qui rend certaines crises si déroutantes. Une attaque de panique peut commencer par une sensation corporelle : le cœur qui bat plus vite, une impression de vertige, une respiration différente, une chaleur soudaine. Cette sensation attire l’attention et peut rapidement être interprétée comme dangereuse.

Pourquoi mon cœur bat comme ça ?
Je ne respire plus normalement.
Et si je faisais un malaise ?

La peur augmente alors les sensations physiques, qui augmentent à leur tour la peur. En quelques minutes, le corps et l’interprétation de ce qui lui arrive peuvent s’alimenter mutuellement. Cela ne veut pas dire que la crise est « dans votre tête », ni qu’il suffit de se raisonner pour qu’elle disparaisse. L’expérience est réellement intense.

Comprendre ce mécanisme permet cependant de commencer à regarder la crise autrement, non plus uniquement comme quelque chose qui surgit de manière inexplicable, mais comme un phénomène dont on peut progressivement identifier les mécanismes et le contexte.

Quand la peur de la prochaine crise devient elle-même anxiogène

Après une première crise d’angoisse, une nouvelle inquiétude peut apparaître :

« Et si ça recommençait ? »

On commence parfois à surveiller davantage son corps. Une accélération du rythme cardiaque devient inquiétante. Une sensation inhabituelle attire immédiatement l’attention. Certaines personnes commencent aussi à modifier leur quotidien, éviter le métro, ne plus conduire seules, rester près d’une sortie au restaurant, hésiter à voyager ou à s’éloigner de chez elles.

Petit à petit, ce n’est plus seulement la crise qui pose problème. La peur qu’elle revienne commence à prendre de la place.

C’est souvent à ce moment-là que l’accompagnement psychologique prend tout son sens : comprendre ce qui déclenche ou entretient les crises, mais aussi travailler sur l’anticipation, les évitements et la peur des sensations elles-mêmes.

Consulter quand les crises d’angoisse commencent à prendre trop de place

Il n’est pas nécessaire d’attendre que les crises deviennent quotidiennes ou empêchent complètement de vivre pour consulter. Des crises répétées, la peur constante qu’une nouvelle crise survienne, des évitements ou simplement le sentiment de ne pas comprendre ce qui vous arrive peuvent déjà constituer une raison suffisante pour demander de l’aide.

Le travail thérapeutique ne consiste pas seulement à apprendre à « calmer » une crise lorsqu’elle survient. Il peut aussi permettre de comprendre ce qui se joue autour de ces épisodes, ce qui les entretient et pourquoi ils apparaissent dans votre histoire et votre contexte particuliers.

Et parfois, la première chose à déposer en séance est simplement :

« Je ne comprends pas pourquoi ça m’arrive. »

C’est déjà un point de départ.

Je suis Gracy Ruiz, psychologue clinicienne à Toulouse, j’accompagne les adolescents et les adultes confrontés notamment aux troubles anxieux, crises d’angoisse et ruminations. Vous pouvez prendre rendez-vous directement via Doctolib ou me contacter pour toute information complémentaire.

psychologue anxiété Toulouse