Lorsque l’été arrive, beaucoup de personnes ressentent un véritable soulagement. Les journées sont plus longues, le rythme ralentit, les vacances approchent ou ont déjà commencé. Certaines se surprennent même à penser : « Finalement, je vais mieux. Je n’ai peut-être pas besoin de consulter un psychologue. »
Cette impression est fréquente. Pourtant, elle est parfois liée au contexte estival plutôt qu’à une amélioration durable de la souffrance psychologique. Il n’est pas rare que des personnes me contactent en septembre en me disant : « J’avais prévu de prendre rendez-vous avant l’été, mais je me sentais mieux pendant les vacances. Puis les difficultés sont revenues. »
Pourquoi a-t-on souvent l’impression d’aller mieux pendant l’été ?
Notre bien-être psychologique est fortement influencé par notre environnement. Pendant l’été, plusieurs facteurs peuvent contribuer à un apaisement des symptômes :
- un rythme de vie moins intense ;
- davantage de temps libre ;
- une diminution des contraintes professionnelles ou scolaires ;
- des activités plus agréables ;
- une meilleure exposition à la lumière naturelle ;
- davantage de moments passés avec ses proches.
Lorsque les sources de stress diminuent, il est tout à fait normal de se sentir mieux.
Cette amélioration est réelle. En revanche (et malheureusement), elle ne signifie pas forcément que les difficultés psychologiques ont disparu.
Aller mieux ne veut pas toujours dire que le problème est résolu
Il est important de faire la différence entre une diminution des symptômes et une résolution durable de la difficulté. Prenons un exemple:
Une personne qui souffre d’anxiété peut remarquer qu’elle ne ressent presque plus de tensions pendant ses vacances. Cela ne signifie pas nécessairement que son anxiété est guérie. Il est possible que les situations qui l’alimentaient soient simplement moins présentes pendant cette période.
Les émotions et les symptômes évoluent en permanence en fonction de notre environnement. C’est pourquoi il est parfois difficile d’évaluer seul si le mieux-être ressenti est durable ou temporaire.
« J’attendrai la fin de l’été pour consulter »
Beaucoup de personnes repoussent leur première consultation après les vacances. Certaines pensent qu’il est inutile de commencer une thérapie pendant l’été. D’autres préfèrent attendre que « tout reprenne normalement » ou espèrent que leurs difficultés disparaîtront d’elles-mêmes.
Pourtant, il n’existe pas de « bonne saison » pour consulter un psychologue.
Au contraire, lorsque le quotidien est moins chargé, certaines personnes disposent de davantage de disponibilité mentale pour réfléchir à ce qu’elles vivent, mettre des mots sur leurs difficultés et amorcer un changement.
Et si vous êtes déjà en thérapie ?
Il arrive également que les personnes déjà suivies aient envie d’interrompre leurs séances parce qu’elles se sentent mieux. Dans certains cas, une pause estivale est tout à fait adaptée et peut faire partie du processus thérapeutique. Dans d’autres, poursuivre les séances, même à un rythme différent, permet de consolider le travail déjà engagé.
Cette décision mérite d’être réfléchie avec votre psychologue afin qu’elle corresponde à vos besoins et non uniquement à un mieux-être lié au contexte estival.
Un dernier mot
Se sentir mieux pendant l’été est une bonne nouvelle. Cependant, ce mieux-être est parfois favorisé par un environnement plus apaisant, un rythme moins soutenu ou une diminution temporaire des sources de stress.
Que vous envisagiez une première consultation ou que vous soyez déjà engagé dans une thérapie, l’été n’est pas forcément une raison de remettre votre santé mentale à plus tard. Comprendre ce qui explique cette amélioration permet de prendre une décision plus éclairée, adaptée à votre situation et à vos besoins.
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